La Cuve de l’EPR « présente la garantie, avec une raisonnable assurance, de l’absence de défauts inacceptables », formule percutante présentée le 26 juin et acceptée par 29 experts sur 31 pour donner un avis favorable qui est irrecevable

EDITORIAL

« L’ASN a rendu publique le 7 avril 2015 une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. Afin de justifier le caractère suffisant des propriétés mécaniques du matériau de ces composants, AREVA a proposé un programme d’essais devant être mis en œuvre jusque la fin de l’année 2016.

La détection de cette anomalie a par ailleurs conduit l’ASN à demander à Areva NP et EDF de tirer l’ensemble du retour d’expérience de cet évènement. Trois processus sont actuellement en cours :

  • La recherche, sur d’autres composants des réacteurs d’EDF, d’anomalies techniques similaires à celle détectée sur la cuve de l’EPR de Flamanville . Cette recherche a conduit l’ASN à communiquer sur les fonds primaires de certains générateurs de vapeur de réacteurs d’EDF ;
  • Lire les actualités liées à cette recherche : des revues de la qualité des pièces fabriquées par le passé dans les usines de fabrication d’Areva NP qui ont permis à Areva NP de détecter des irrégularités dans les dossiers de fabrication de Creusot Forge ;
  • Le lancement de réflexions sur la surveillance réalisée par les exploitants d’installations nucléaires de base sur leurs prestataires et sous-traitants, le contrôle effectué par l’ASN et les mécanismes d’alerte.

Note sur le site de l'ASN :
Anomalies de la cuve de l'EPR et irregularités

Les autres composants des réacteurs EDF d’EDF : Recherche d’anomalies techniques similaires à celle de la cuve de l'EPR de Flamanville sur d’autres composants des réacteurs d’EDF.


Suite à ces travaux, « l’ASN a donc initié une réunion pluraliste : 31 experts pour examiner l’avis IRSN sur les défauts et sur le programme Areva, et des participants associatifs, des experts étrangers, assistant au débat. » (100 personnes environ)


Ce numéro est donc consacré aux défauts de la cuve EPR et à la consultation lancée par l’ASN sur son avis relatif aux conséquences de l’anomalie carbone du couvercle et du fond de cuve sur leur aptitude au service. L’Avis IRSN a été soumis au public de juillet au 9 septembre. La gazette 284 vous avait fourni de la documentation, la 285 continuera à le faire : pour le GSIEN, il n’y a aucun doute, Areva a effectivement monté une série de tests, mais l’erreur est d’avoir cru que les gros lingots étaient à la portée de Creusot Forge sans vérification de la capacité de la forge à réaliser un tel travail. Il fallait prévoir un lingot sacrificiel avant de couler les lingots définitifs, réaliser cette opération une fois les défauts constatés oblige à une gymnastique via des modèles et des calculs reposant sur de l’empirisme générant de graves incertitudes.

Donc comme la cuve ne suit pas la réglementation, les dérogations suggérées par le projet d’avis de l’ASN ne sont pas acceptables : la cuve actuelle doit être rebutée.

La Gazette présente : les problèmes des réacteurs Belges (Tihange 2 et Doel 3) sur lesquels ont été découverts des défauts sur les cuve, défauts de forgeage (soit inclusion d’hydrogène paralllèles à la paroi) et garantis non évolutifs, ce qui s’avère faux.

« Les résultats de la réinspection ont donc repéré certaines variations en nombre, en taille et en amplitude des défauts entre les inspections de 2014 et de 2017, mais qui sont la conséquence du repositionnement expliqué dans la réponse à la question n°16812. Ces quelques variations répondent complètement aux critères de non-évolution définis dans les méthodes qualifiées pour le dimensionnement des défauts.

Par ailleurs, lors de cette inspection, 70 indications supplémentaires ont nouvellement dépassé le seuil de notation.

C’est–à-dire que des signaux détectés lors des inspections précédentes ont dépassés le seuil défini dans les critères d'acceptation pour considérer un signal comme une indication de défaut.

Electrabel-Engie et l’autorité belge AFCN (Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire) ont tout d'abord déclaré que les fissures présentes dans les cuves de ces deux réacteurs n'avaient pas évolué, tout en gardant secret les rapports d'analyse par ultrasons.

Or, 70 défauts ont évolués et du coup, la cuve n’est plus garantie.

Bien sûr ce ne sont pas les mêmes défauts , mais cette problématique belge montre que , pour affirmer que les réacteurs pouvaient redémarrer, il fallait tout interpréter avant et surtout éviter de ne pas informer sur les défauts nouveaux.

La Gazette présente : Avis n°CODEP-CLG-2017-022588 du Président de l’Autorité de sûreté nucléaire du 8 juin 2017 relatif aux rapports remis par les exploitants d’installations nucléaires de base en application des articles L. 594-1 à L. 594-13 du code de l’environnement.

Ces rapports sont accessibles à tous (CLI, mais riverains aussi), ils donnent les informations sur l’état de l’environnement, sur le fonctionnement des INB (rejets, incidents et explications). Ils sont critiqués parce que répétitifs d’années en années. L’ASN présente ses remarques et demande que tous les établissements CEA, AREVA, EDF, Cisbio,etc présentent des rapports présentant l’état de leur entreposage et surtout tous les coûts résultant des maintenances et autres problèmes sur les sites. Cet avis peut être utilisé pour améliorer les relations entre riverains et exploitants, mais surtout pour pouvoir poser des questions.

Bonne Lecture et à bientôt : envoyer vos réflexions et surtout vos remarques.