Avis de l’ASN du 5 juin 2020

Présence de corps migrants ayant entraîné le dysfonctionnement des pompes de refroidissement

des réacteurs 1 et 2

Centrale nucléaire de Flamanville

Réacteurs de 1300 MWe - EDF

Le 11 mai 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la présence de corps migrants ayant entraîné le dysfonctionnement de pompes de refroidissement des réacteurs 1 et 2.

Le circuit d’eau brute secourue (SEC) permet de refroidir un autre circuit, appelé circuit de refroidissement intermédiaire, qui assure le refroidissement de matériels importants pour la sûreté du réacteur. Ce circuit, dit « de sauvegarde », est constitué de deux voies redondantes, comportant chacune deux pompes de circulation et deux échangeurs de chaleur. Le circuit SEC contribue également, en fonctionnement normal et en cas de mise à l’arrêt du réacteur, au refroidissement d’autres éléments tels que les pompes primaires ou la piscine d’entreposage du combustible. A l’amont des pompes de circulation, chaque voie est alimentée au travers d’un système de filtration permettant de garantir l’élimination des objets (débris, algues…) pouvant affecter leur bon fonctionnement.

Le 26 février 2020 et le 9 mars 2020, les deux pompes de la voie A du circuit SEC du réacteur 2 ont présenté à tour de rôle un ralentissement. A la suite de la détection de ces anomalies, EDF a effectué un contrôle endoscopique et a retiré des morceaux de gaine en plastique coincés dans les circuits. Le 10 mars 2020, une pompe de la voie A du circuit SEC du réacteur 1 a également présenté un ralentissement qui ne permettait plus de considérer cette pompe comme pleinement fonctionnelle. Les analyses réalisées sur les corps migrants extraits ont déterminé qu’ils étaient issus d’une dégradation antérieure sur environ 5 mètres d’un fourreau de protection de câbles électriques situés dans la voie A du système de filtration du réacteur 1. Ce fourreau a été aspiré par les pompes du circuit SEC de la voie A des 2 réacteurs du fait de l’utilisation d’une ligne d’interconnexion.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de ses conséquences pour la sûreté et de l’identification tardive de son origine par l’exploitant, cet évènement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Après retrait des corps migrants et contrôle des circuits, l’exploitant a remis en service les pompes concernées. Il a programmé le retrait de tous les fourreaux de ce type, susceptibles d’engendrer les mêmes anomalies. L’ASN veillera à la prise en compte de cet événement potentiellement générique à l’échelle du parc nucléaire.