Dossier GSIEN : Point sur les EPR
Études - Construction - Fonctionnement

Flamanville 3 – Vibrations de la ligne d’expansion du pressuriseur

Il s'agit de la tuyauterie assurant la liaison entre le circuit primaire et le pressuriseur. Explications d’EDF à la CLI de Flamanville : « En 2018, lors des essais fonctionnels à chaud d’Olkiluoto, des vibrations importantes de la LEP ont été observées. Les vibrations maximales sont observées à chaud, lorsque la température du circuit primaire se situe proche de 300 °C et diminue fortement lorsque la température décroit. Les essais ont mis en évidence un amortissement inadapté de la LEP » [2].

Dans la « Version demande de mise en service [du] Rapport de sûreté de Flamanville 3 » (2014), EDF explique l’objectif des essais fonctionnels sur les boucles primaires et la ligne d’expansion du pressuriseur : « confirmer que le système est correctement conçu et supporté pour prévenir les vibrations ». EDF avait particulièrement confiance en son installation : « il est à noter que la disposition et la taille de la tuyauterie des boucles primaires et de la ligne d’expansion des réacteurs EPR sont similaires à celles installées dans les centrales actuellement en exploitation. L’expérience acquise avec les centrales en exploitation indique que la tuyauterie des boucles primaires et de la ligne d’expansion est conçue et supportée correctement afin de minimiser les vibrations » [4].

L’expérience n’aura pas suffi. Un article de Thierry Gadault, paru dans Blast (17/07/21), détaille ce problème de vibration de la ligne d’expansion du pressuriseur qui pourrait remettre en cause la conception du génie civil du projet EPR2.

Le damper de Flamanville 3 installé sur la ligne d’expansion du pressuriseur

Source : EDF - CLI de Flamanville [2]

La ligne d’expansion du pressuriseur des EPR est donc le siège d’importantes vibrations. Il semble que le système n’ait pas été conçu correctement. Pour atténuer les vibrations, EDF explique à la CLI de Flamanville avoir installé « un dispositif absorbeur de vibration » sur une portion de tuyauterie de la LEP de Flamanville 3 (voir photo). Il s’agit d’un absorbeur à masse accordée ou « Tuned Mass Damper » (TMD) : « le TMD développé pour la LEP EPR est principalement constitué d’un support fixe attaché de manière rigide à la ligne et d’une masse mobile reliée à ce support fixe par le biais de ressorts-amortisseurs à câble ».

« Les tests effectués lors des essais à chaud de Flamanville 3, comme ceux effectués sur une autre tranche EPR à l’international [en Finlande], montrent l’efficacité du TMD et sa robustesse ».

EDF précise toutefois à la CLI que « l’instruction de cette solution par l’IRSN est en cours » [2]. A priori, le damper étant déjà installé, EDF ne doute pas de l’issue de l’instruction de cette solution par l’IRSN.

Le GSIEN s’interroge sur le comportement dans le temps d’un tel dispositif entre l’augmentation des contraintes sur la tuyauterie (masse du damper), le vieillissement du dispositif et le risque, en cas de rupture partielle du dispositif en service, d'une aggravation rapide et ruineuse du phénomène vibratoire.