Dossier GSIEN : Point sur les EPR
Olkiluoto / Hinkey Point

Olkiluoto 3 – La chute d’AREVA en Finlande

STUK, l'autorité de sureté nucléaire finlandaise, a autorisé la divergence de l’EPR d'Olkiluoto 3 le 21 décembre 2021 après 12 années de retard sur le chantier et de multiples surcoûts. Le 12 mars 2022, le réacteur a été connecté au réseau national à un niveau de 103 MWe selon l’exploitant TVO.

Résumé de la Cour des comptes (juillet 2020) : « le réacteur d’Olkiluoto (Finlande), lancé en 2005, qui a connu des "déboires" analogues à ceux de Flamanville, avec des coûts multipliés par quatre, a contribué à la disparition de l’ancien groupe Areva ».

La Cour précise : « la réception provisoire du chantier était, en mars 2020, prévue pour la fin mai 2021, mais des incertitudes persistent selon une annonce récente de l’électricien TVO, acquéreur de la centrale, accrues par les conséquences probables de la crise sanitaire née de l’épidémie de covid-19 sur les travaux encore nécessaires. Le coût de la construction atteindrait 8,2 Md€ (en euros courants) pour la partie assurée par Areva, sans prendre en compte celui de la turbine (684 M€), selon les informations fournies par Areva SA, soit près de 4 fois le montant prévu au contrat initial (2,28 Md€ pour le consortium associant Areva et Siemens) ». Selon les calculs du GSIEN, en tenant compte de l’inflation, la facture totale s’élève à près de 11 Md€2022, une somme qui n’intègre pas « les coûts d’études, d’ingénierie et les coûts relatifs aux intérêts intercalaires » [10].

L’atome finlandais sous perfusion de l’état

Retrouvons le Rapport de la cour des comptes : « des risques pèsent sur la situation financière de certaines entreprises qui ont bénéficié récemment d’une recapitalisation des pouvoirs publics. L’État a mobilisé 4,5 Md€ pour doter en capital Areva SA (2 Md€) et Orano (2,5 Md€) à l’issue de la restructuration d’Areva. EDF a bénéficié d’un apport en capital de 3 Md€ qui lui a permis de prendre le contrôle de l’activité réacteurs de l’ex-Areva NP, devenue Framatome » [10].

En 2021, l’état a dû renflouer à nouveau et par deux fois le radeau atomique en perdition afin d’écoper les voies d’eau financières causées par la navigation à vue d’Areva en Finlande (voir les articles de Ouest-France et des Échos). Un « Quoi qu’il en coûte » sauce finnoise ?


Hinkley Point C - Un chantier qui dérape en Angleterre

En 2013, EDF annonçait son accord avec le gouvernement britannique pour la construction de deux tranches EPR. « Les coûts totaux d’ici à la mise en service devraient être proches de 16 milliards de livres » [36].

Selon une estimation plus récente d’EDF (27/01/21), « les coûts à terminaison du projet sont désormais estimés entre 22 et 23 milliards de livres sterling 2015 (hors intérêts intercalaires) » [37].

Vu d’aujourd’hui (mars 2022), le coût à terminaison de Hinkley Point C dépasserait les 30 Md€2022, en partant de l’estimation haute d’EDF (23 Md£2015), du « taux de change de référence du projet de 1£ = 1,23 € » [37] mais hors frais de financement intercalaire.

La reprise éventuelle du design de la cuve pourrait allonger encore les délais de mise en service et alourdir considérablement la facture finale. Un Quoi qu’il en coûte sauce anglaise ?