INFORMATIONS TAM-TAM SUR LE NUCLÉAIRE
2002
septembre
ON FERME!
DEUX DE MOINS, qui viennent s'ajouter aux 12 réacteurs déjà arrêtés au Royaume Uni. Ce sont Dungeness B et Torness, en Ecosse. Déjà, à la mi-mai l'autre réacteur de Torness était fermé. La plus grande compagnie électrique, British Energy, à qui il reste 12 réacteurs sur 15, a vu ses parts tomber de 749 pence en 1999, à 63 pence le 12 août dernier. British Energy fait aussi examiner la centrale de Heysham (Lancashire) où les réparations sont estimées à 1,64 milliards de FB. Aucun réacteur nucléaire n'est en projet ou en construction au Royaume-Uni, tandis que, depuis janvier 1978, la commande de 6 réacteurs y a été annulée. Robin Jeffrey directeur (depuis l'an dernier) de British Energy veut relancer le nucléaire. Il table, pour cela, sur une campagne de publicité (rassurer les gens), sur l'argument (fallacieux) que le nucléaire ne contribue pas à l'effet de serre, et sur la sécurité d'approvisionnement (The Guardian, 14/8/02).
· En Bulgarie, le 23 juillet, le ministre des affaires étrangères Solomon Passi a annoncé la fermeture anticipée "prochaine" de 4 tranches - sur six- de la centrale nucléaire de Kozlodui. Deux tranches le seront avant 2003. Quand aux autres... les secrets du nucléaire sont, paraît-il, impénétrables.
77.000 TONNES. C'est le total des déchets nucléaires américains dispersés dans 131 décharges temporaires situées dans 39 des 50 Etats du pays. C'est dire que 161 millions d'Américains vivent dans un rayon inférieur à 120 km autour d'une décharge nucléaire. Georges Bush junior a autorisé, le 23 juillet, à stocker le tout dans le sous-sol des monts Yucca, au Nevada. C'est dire aussi que ces déchets devront être transportés par train, ou camion, à proximité de villes dans 44 Etats totalisant 123 millions d'habitants. Yucca Mountain n'est qu'à 120 km de Las Vegas. Songeons quand même qu'aucun endroit de la Belgique n'est situé à plus de 66 kilomètres d'une centrale nucléaire, qu'elle soit belge ou étrangère. Selon le Washington Post du 8 juillet, la Sénatrice Barbara Boxer (Californie) aurait dit: "Mon plus horrible cauchemar serait que des terroristes fassent sauter un chargement nucléaire, contaminant une population aussi densément peuplée que l'est l'Interstate no 1, entre Los Angeles et le Nevada." 
Quant au Sénateur Richard I. Durbin (Illinois) il souligne le danger qu'il y a à mouvoir des milliers de tonnes de déchets radioactifs à travers le réseau complexe de routes et de voies de chemin de fer de Chicago et, pire encore, sur des barges traversant les Grands Lacs ou la rivière Mississippi. Coût de ce cimetière atomique: 58 milliards d'euros. Le nombre de "châteaux" à transporter est de 11.100, chacun pesant 140 t (c'est 240 fois le poids des matériaux radioactifs à longue durée de vie relâchés par le bombardement d'Hiroshima). 4.600 transports se feront par rail et 460 par route alors que le gouvernement estime que de 10,4 à 16,4 millions de gens vivent à moins de 800m de ces routes.


IODE. Non! Même en Amérique, les gens ne sont pas tellement, tellement, convaincus que le nucléaire "c'est sûr". Selon le Boston Globe du 26 juillet, en page B2, le Department of Public Health a mis en distribution immédiate UNE (chez B-E, nous en avons 10) tablette d'iode aux 250.000 résidents du Massassuchets vivant à moins de 16 km des centrales nucléaires de Pilgrim (30 ans d'âge) à Plymouth, Seabrook (12 ans d'âge) et Vermont Yankee (30 ans d'âge) Ces dernières à New Hampshire et Vernon, dans le Vermont. Selon Nancy Ridley, du même Département de la Santé, ce comprimé est une précaution: "lt's better to be safe than sorryÓ dit-elle. Ridley conseille, en cas d'accident, d'évacuer et de chercher un abri plutôt que de compter sur ce comprimé. Beaucoup d'autres isotopes radioactifs qui s'échappent de la centrale endommageront plus encore d'autres parties de l'organisme. Ce Department possède 600.000 comprimés. Après la distribution, ce qui reste, sera stocké hors de la zone de 16 km pour être utilisé après évacuation.

RAYONS X. Les mineurs des mines de diamant De Beers, en Namibie, doivent passer chaque jour aux rayons X pour détecter les fraudes. Ailleurs, dans le monde, l'on suit de près chaque irradiation afin de ne pas dépasser les doses. Combien de ces mineurs ont ou vont développer un cancer? Combien d'enfants handicapés sont nés par la faute de ce diamantaire?
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SAVOIRS. Utilisant un institut de sondage "leading" (sans dire lequel), la DG Energie et Transport de la CE, a voulu connaitre les connaissances de quelque 16.000 européens sur les déchets nucléaires: 48% des Belges se disent pas très informés contre 12% des Suédois. 31% des Européens "moyens" font confiance aux scientifiques et 32% croient plutôt les associations. Mais... 1% croient les instances européennes et 10% l'industrie nucléaire elle-même. En 1998, 75% des sondés pensaient que chaque pays devait conserver ses déchets nucléaires. C'est retombé à 63% maintenant. De façon concomitante, le désir de voir l'Europe s'occuper des ces déchets est passé de 12 à 18%. Enfin, 49% ne croient pas à une solution valable pour ces déchets contre 75% en 1998. Important est ce dernier chiffre: plus de 90% d'Européens croient qu'on ne peut léguer aux: générations futures les déchets nucléaires existants et futurs (Euroabstracts).
L'HORREUR... et Bush ferait bien de s'en occuper plutôt que de "courir Saddam". La réduction, à 36%, ci-dessous (l'original, en couleurs, fait 34x25,5 cm), avec, en médaillon, partie de la zone centrale avant, pour montrer les méfaits de la rouille, où 40 cylindres forment la lere rangée.
cauchemar atomique › Paducah (Kentucky)
Sont stockés ici, 38.000 cylindres d'uranium usé (celui que l'on utilise quel merveilleux recyclage... dans les obus et les bombes). Les cylindres noirs de la photo sont... rouillés, certains sont depuis plus de 60 ans sous la pluie, le soleil et la neige. Ce site du cauchemar atomique est à Paducah, dans le Kentucky. LÌeau y est tellement brune qu'il faut 1'amener d'ailleurs÷


· Mais il y a pire, bien pire, dans le désert de Washington, à 350 km de Seattle, c'est Hanford, pire que Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl car c'est l'avenir même des Etats Unis que ce site menace. L'atome ignore, et les frontières, et les distances, et en ce chancre "reposent" plus de 200.000 m3 de déchets nucléaires ET chimiques. Un mélange de solides, de boues, de liquides et de gaz stockés dans 177 réservoirs souterrains rouillés, à simple paroi, de 3.800 m3 de contenance. Plus d'un tiers de ceux-ci, l'âge aidant, commencent à fuir, ce jusqu'à 60 m de profondeur, et la rivière Columbia n'est qu'a 10 km. Or, une nappe phréatique peut être très vaste. Hanford a coûté 225 milliards de FB pour être "assaini" puis déménagé! et, pour ce faire, 45 milliards par an sont prévus durant 40 années encore. Oh, il y a bien d'autres "repositories", tels Savannah River, Oak Ridge, Les Alamos, etc.

Dans le T-T 355, plus à ce sujet, avec des photos plus ahurissantes encore.
suite:
PÉRIODE ESTIVALE. C'est le 24 juillet, où, au mépris de la sécurité des touristes, un semi-remorque allemand, escorté de 2 (deux) voitures de gendarmerie est arrivé à l'usine Cogema de La Hague après avoir traversé l'Allemagne et la France. Transport secret de déchets nucléaires de plutonium depuis l'ancienne usine Siemens de Hanau (fermée en 1995).
MALIN qu'il est, Chirac. Recevant, le 29 juillet, en consultation, les associations non-gouvernementales avant de se rendre en septembre à Johannesburg (où il n'aura pas le plaisir de rencontrer Bush), pour parler du développement durable, il a "oublié" d'inviter toutes celles prônant une sortie du nucléaire. Normal! N'est-ce pas lui qui a qualifié, le 14 juillet, le réseau "Sortir du nucléaire", qui fédère plus de 600 associations (dont Brabant-Ecologie) dÌ"anti-nucléaires primaires". La démocratie française se meurt...
SUBSIDES au nucléaire. Chaque contribuable français (nouveaux-nés compris) aide substantiellement le nucléaire, tant "civil", que militaire (le CEA s'occupe des deux). C'est, au moins, 1.480 FB par an (2,201 milliards d'euros, dit le Rapport annuel 2001 du Com­missariat à lÌénergie atomique, page 52).


· En tant qu'Européen il l'aide une seconde fois, tout chaque Belge d'ailleurs. Notre cher (il est deux sens a ce mot) Philippe Busquin - Commissaire à la recherche - a décidé que, dans le cadre Euratom, 1,23 rnilliards d'euros iraient à la recherche nucléaire pour la période 2002-2006 (info du Renewable Energy World juillet-août 02, p. 18). Combien de nos "cents" iront à la recherche sur les énergies renouvelables?

Et voici quelques nouvelles de nos centrales (si sûres):
St. LAURENT-des-EAUX. Le 22 juillet le démarrage, en mode automatique, d'un matériel de sécurité du réacteur no2 de cette centrale, a été rendu indisponi­ble par suite d'une erreur de l'équipe de pilotage. Incident classé 1 sur l'échelle INES. Le 26 juillet, la fermeture d'une vanne de vapeur a provoqué l'arrêt automatique de ce même réacteur
BELLEVILLE-sur-Loire. C'est par erreur - "toutes les mesures de sécurité sont prises"- que, le 29 juin, un technicien a provoqué le démarrage d'une pompe de sécurité du réacteur no2. Quelque 8.000 l d'eau ont été recueillis dans un puisard, seront traités (est-ce donc qu'elle serait radioactive?) puis réinjectées dans le circuit primaire. Incident classé 1 sur l'échelle INES
BUGEY. Le 9 juillet, lors d'un contrôle systématique en sortie de salle, une contamination nucléaire in­terne a été découverte sur un intervenant d'une en­treprise extérieure. Celui-ci effectuait des travaux sur la partie nucléaire du réacteur no3, actuellement à l'arrêt pour visite décennale.
Le BLAYAIS. Cette centrale (4 réacteurs), au nord de Bordeaux, a arrêté l'unité 1 le 23 juillet, pour "défaut" sur un tableau électrique, cela trois quarts d'heure après le déclenchement des sirènes. En 2001, 39 incidents y ont été signalés, contre 37 en 2000.
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