ACTUALITE INTERNATIONALE de L'ENVIRONNEMENT
2004
La fonte des glaciers s'accélère, signe de réchauffement du globe
WASHINGTON (AFP) - La désintégration des calottes glacières du globe s'accélère sous l'effet du réchauffement de l'atmosphère, ce qui paraît rendre inéluctable la lente montée du niveau des océans noyant de vastes zones habitées, selon de récentes études effectuées dans l'Antarctique. 
    Certains glaciers se désintègrent deux fois plus rapidement près des côtes occidentales de l'Antarctique que dix ans plus tôt, ont constaté des scientifiques américains et chiliens, dont les travaux ont été publiés en fin de semaine par la revue américaine Science. 
    S'appuyant sur des observations aériennes par avions et satellites, ils ont calculé que le rythme de déversement de la glace de ces glaciers dans la mer d'Amundsen suffit à faite monter les océans de 0,2 millimètre par an. 
    Soit l'équivalent du total estimé précédemment pour l'ensemble de l'Antarctique et une contribution supérieure à celle du Groënland, selon ces chercheurs. 
    L'élévation de la température de l'eau fait fondre la partie des glaciers les attachant au socle rocheux côtier et provoque le détachement d'un nombre grandissant de blocs de glace qui vont flotter dans l'océan. 
    Selon ces chercheurs, ces glaciers déversent désormais 60% de plus de glace dans la mer d'Amundsen qu'ils n'en accumulent avec les chutes de neige. 
    "L'érosion progressive de la glace liant les glaciers au socle rocheux revient à progressivement relâcher la pression dans une bouteille en tirant sur le bouchon", a expliqué Robert Thomas, un glaciologue de la NASA, l'agence spatiale américaine qui a dirigé cette recherche. 
    Cette dernière découverte est importante, a-t-il souligné car ces énormes glaciers situés dans l'Antarctique occidental contiennent suffisamment de glace pour faire monter le niveau des océans de plus de six mètres au cours des prochains siècles, immergeant de vastes zones habitées du globe. 
Une autre étude de l'Université de Boulder dans le Colorado, publiée en début de semaine, va dans le même sens en montrant que la vitesse de déplacement de plusieurs glaciers de l'Antarctique a quintuplé depuis le détachement en mars 2002 d'une énorme banquise dite Larsen B (78 km de long sur 37 km de large). 
    Tous ces phénomènes montrent la réelle possibilité d'une élévation du niveau des océans résultant du réchauffement du climat sur les calottes glaciaires, a souligné Ted Scambos qui a conduit cette recherche. 
    "Ce qui s'est passé avec Larsen peut être vu comme une expérience en miniature montrant comment l'élévation de la température peut modifier profondément et rapidement les glaciers", a-t-il déclaré dans un résumé des résultats de cette étude devant être publiée dans les cahiers de la recherche géophysique datés du 28 septembre. 
    "Dans toutes les étapes de ce processus, les choses se sont produites plus rapidement que nous l'attendions", a ajouté ce glaciologue. 
    La diminution du volume des glaciers est observée depuis un demi-siècle "mais ces cinq à dix dernières années ce phénomène s'est accéléré", a confirmé Keith Echelmeyer, professeur à l'institut de géophysique de l'Université d'Alaska à Fairbanks. 
    Selon cet expert, en Alaska et au Canada, qui comptent 13% des glaciers de montagne de la planète, les glaciers ont subi une érosion de plusieurs dizaines de mètres et contribué pour au moins 9% à l'élévation du niveau des océans du globe au 20ème siècle. 

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