Dossier Énergies renouvelables
Énergies marines

Lorsqu’on évoque l’énergie marine on pense à l’énergie des marées. « Fondée sur le principe de la transformation de l’énergie des marées en électricité, l’usine marémotrice de La Rance (Bretagne), lancée en 1966, constitue une première mondiale. Avec une puissance installée de 240 MW, l’usine produit 550 GWh/an », soit 0,2% de la production d’énergie primaire renouvelable. L’ADEME fait le point sur le potentiel très peu exploité des énergies marines : « La mer est un milieu riche en flux énergétiques qui peuvent être exploités sous diverses formes : énergie des courants marins, énergie des marées, énergie des vagues, énergie éolienne en mer, énergie thermique des mers, biomasse marine, énergie osmotique. Dans le monde, les marées ont une puissance estimée à 100 GW.

Quant à l’énergie des vagues, les ressources exploitables au niveau mondial seraient de 140 à 750 TWh/an. Elles pourraient répondre de 1 à 4 % de la demande annuelle mondiale en électricité d’après le Conseil mondial de l’énergie. La France dispose de la 2ème surface maritime au niveau mondial. Le potentiel énergétique exploitable est donc considérable notamment le long de la Manche ou sur la façade Atlantique.

La Grande-Bretagne possède le plus grand potentiel européen, estimé à plus de 10 GW.

La France arrive en 2ème position en Europe avec un potentiel de 3 à 5 GW à installer » [47].

Quelques prototypes d’hydrolienne ont été testés en France mais la filière peine à décoller. Un projet toutefois dans le Nord-Cotentin :

« HydroQuest est l’un des rares fabricants français d’hydroliennes. Filiale des Constructions Mécaniques de Normandie (CMN), l’entreprise teste depuis 2019 sur le site d’essai d’hydroliennes géré par EDF au large de l’île de Bréhat, un prototype d’hydrolienne à axe vertical de 1 MW baptisé OceanQuest.

Les résultats sem-blent concluants puisque le fabricant annonce mainte-nant la construction d’une machine à double axe vertical, basée sur le même concept, mais dont la puissance sera portée à 2,5 MW. Cela en fera l’hydrolienne la plus puissante du monde, le record étant actuellement détenu par celle de 2 MW de la startup écossaise Orbital Marine Power.

HydroQuest compte immerger 7 de ces nouvelles turbines dans le raz Blanchard, l’un des courants marins les plus puissants du monde, entre le cap de La Hague, à la pointe du Cotentin, et l’île anglo-normande d’Aurigny. Pour ce projet de 17,5 MW, HydroQuest s’est allié au groupe Qair, un producteur d’énergie renouvelable actif dans une douzaine de pays sur 3 continents » [48]. Le site choisi est situé dans les courants du Raz Blanchard, l’un des courants marins les plus contaminés du monde, à cause des rejets radioactifs de l’usine atomique d’extraction du plutonium de La Hague.

Projet de la baie du Mont Saint Michel (1954)

Pour l’anecdote, une usine marémotrice aurait pu être construite dans la baie du Mont-Saint-Michel (schéma d’implantation page suivante). En 1954, le projet d’EDF prévoyait l’implantation de 150 turbines de 20 MWe de puissance unitaire qui auraient pu produire une énergie de 12,8 TWh par an (environ la production annuelle deux réacteurs de 900 MWe) [49]. Une telle usine aurait permis par ailleurs la gestion de l’ensablement de la baie.


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