Hommages

Michel Fernex - Après un départ difficile de la relation, établie en amont de la première rencontre sur des ragots mal intentionnés, la situation n'a cessé de s'améliorer autour de notre objet d'intérêt commun : les suites de l'accident ; et d'amitiés partagées avec les intervenants de terrain qui étaient en prise directe avec les personnes affectées. Je pense ici aux camarades de l'institut Belrad, à Vassili Nesterenko et Galina Bandajevskaïa ainsi que Youri Bandajevski qui était à l'époque en « relégation ».

Michel a su mobiliser les institutions et le secteur associatif pour d'une part chercher et faire évoluer les connaissances sur les suites de l'accident de Tchernobyl tout en soutenant les actions menées avec les habitants des régions conchiées. Au-delà des « programmes » controversés, certains des dispositifs mis en place avec et par les populations, accompagnés par Belrad, perdurent en Biélorussie.

Roland Lagarde - Militant de la première heure du GSIEN, Roland participait avec Mireille à la rédaction des premières Gazettes. Après un passage à la direction des études et recherches d'EDF (câbles et réseaux), il participa, avec ses collègues de la CFDT, à la création de l'Agence Française pour la Maîtrise de l'Énergie, AFME devenue ADEME. Détaché au cabinet de D. Voynet au moment de l'abandon de Superphénix, il eut quelques difficultés avec la hiérarchie par la suite pour réintégrer un poste « actif » au sein d'EDF, ce qui lui laissa le temps d'accom-pagner les projets qui lui tenaient à cœur en favorisant les rencontres entre ceux qui continuaient à les porter. Merci Roland d'être resté jusqu'au bout en prise avec le GSIEN.

Dominique Lalanne nous a lui aussi tiré sa révérence en ce mois de janvier 2022. Il fut pour le GSIEN un animateur extraordinaire qui nous rappelait toujours que le nucléaire a un volet militaire et pas seulement civil. Il aura accompagné et entretenu tout au long de son parcours la dynamique que nous portons toutes et tous contre les armes nucléaires. Son humanité, son énergie qui n'empêchait en rien une grande douceur, sa lucidité et sa fidélité à la cause du désarmement nous manquent déjà.

Dominique était un des physiciens du Laboratoire de l’accélérateur linéaire d’Orsay (L.A.L.) qui, avec ceux du Collège de France, ont lancé l’appel des 400, puis créé le Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l’Énergie Nucléaire (G.S.I.E.N.). Il fut un collègue, un ami, un compagnon de route. Depuis de nombreuses années, il s’était concentré sur la lutte contre les armes nucléaires ?

C’est triste, mais c’est une loi de la nature qui fait que nos amis et compagnons avec qui on œuvre depuis les années 70, disparaissent les uns après les autres.  

Ce qui nous inquiète, c’est le manque de renouvellement parmi les « jeunes » scientifiques. Il est vrai que les difficultés de trouver un emploi dans nos secteurs profes-sionnels n’incitent pas les jeunes à se faire remarquer en tant que « contestataires ».

Nous notons aussi la disparition de Paul Quilès, citoyen et homme d’État tout à fait respectable et respecté en raison de ses analyses pertinentes pour le bien de la nation et de l’humanité, qui, selon nous, mérite la reconnaissance de tous. Depuis quelques années, Paul Quilès et des amis ont créé un collectif intitulé « Initiative pour le désarmement nucléaire » avec des publications sur un blog : « Paix, le désarmement nucléaire, la démo-cratie, et l’actualité politique » et aussi trois ouvrages : « Nucléaire, un mensonge français », « Arrêtez la bombe », « L’illusion nucléaire ».

En ces périodes particulièrement difficiles où les installations nucléaires font l'objet d'agressions militaires, nous vous recommandons de lire la série de Jean-Claude Amiard qui fait un point sur les connaissances des accidents nucléaires tant militaires que civils. Ces recherches offrent un panorama assez exhaustif des travaux disponibles aujourd'hui sur ces accidents ainsi que sur leurs conséquences.

Jean Claude Autret et

Monique Sené